Le choix des prix chez l'artisan ma vision des choses :

Il y a une phrase que j’entends souvent.
Une phrase simple, mais qui me fait toujours un petit quelque chose.

« C’est le prix ? »

À ce moment-là, un doute me traverse. La peur d’être trop chère. La peur de ne pas l’être assez. La peur de mal faire. Et presque toujours, après quelques échanges, vous me dites : « Vu le temps que vous y passez, ce n’est pas cher. »

Et vous avez raison.
Mais ce que vous ne savez pas toujours, c’est pourquoi.

Je souhaite profondément que mes créations puissent entrer dans toutes les maisons.
Pas seulement celles qui ont les moyens.
Pas seulement celles qui peuvent se permettre un objet “plaisir”.

J’ai à cœur de proposer des créations réalisées avec amour et passion,
à un prix juste pour vous…et honnêtement, aussi pour moi, pour les impôts, pour l’URSSAF, et pour pouvoir payer les factures comme tout le monde.

Ce que vous ne voyez pas, ce sont les heures passées à chercher, tester, rater, recommencer.
Les créations que je ne montre jamais. Celles qui finissent à la poubelle. Les nuits écourtées. L’exigence que je m’impose. Je suis exigeante, oui.
Parce que je veux que la personne qui recevra la création soit pleinement satisfaite.
Et s’il faut recommencer, je recommence.

Je pourrais vendre plus cher. Sous prétexte que c’est fait en France. À la main. À Tarbes.
Par une artisane. Mais je ne le veux pas.

Je pourrais utiliser un laser pour mes pyrogravures. Ce serait plus rapide. Plus rentable.
Mais ce ne serait pas un bout de moi. Ce serait un dessin fait par une machine.
Et ce n’est pas ce que je souhaite vous proposer.

L’argent est nécessaire, soyons honnêtes.
Contrairement à ce que certains discours idéalisés peuvent dire.
Mais proposer une pyrogravure à 90 €, personne ne la prendrait.
Et surtout, je ne pourrais pas me l’offrir moi-même.

Alors non, je ne me brade pas. Je rembourse mes matières premières. J’estime une marge suffisante à mes yeux. Et je fais un choix conscient. Fixer un prix est souvent très difficile. Parce que certaines créations ne se mesurent pas en heures, mais en jours.

Une rose en bois, par exemple, peut prendre jusqu’à dix jours.
Pas dix heures.
Dix jours.

Découper les pétales.
Les mouiller pour leur donner une forme arrondie.
Les sécher sans les casser.
Créer le cœur.
Coller chaque pétale un à un.
Peindre le bouton.
Insérer la tige.
Créer le feuillage.
Laisser sécher.
Présenter.
Emballer.

Alors oui, vendre une rose à 2 €, c’est peu.
Mais si je n’ai pas les moyens de me l’offrir,
je pars du principe que vous non plus.

Mon cœur, mon temps et parfois mon manque de sommeil vont dans mes créations.
Pas pour devenir riche. Soyons honnêtes : dans l’un des pays les plus taxés, vivre de l’artisanat est extrêmement difficile.

Mais c’est mon deuxième plus grand rêve.
Le premier concerne mes enfants… et celui-là, il est privé.

J’aimerais simplement que vous compreniez une chose essentielle :
tous les artisans ne sont pas les mêmes.
Et derrière chaque prix, il y a parfois un choix de cœur, bien plus qu’un calcul.

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